Quel est le temps de garde idéal des vins ?

Quel est le temps de garde idéal des vins ?

Savoir combien de temps garder le vin afin de l’apprécier au mieux est une question que se posent nombre d’amateurs de grands crus. Prenons le parti, ici, de n’aborder que les grands vins dans la mesure où les vins de consommation plus courante sont à boire dans les cinq années qui suivent leur production.

Un temps de garde du vin au minimum de 5 à 7 ans

Rappelons quelques règles de base. Dans un autre article, nous avons évoqué le délai minimum de 5 à 7 ans nécessaire à la maturation en bouteilles des grands crus de Bordeaux. Élargissons cette prescription à l’ensemble des grands crus de nos vignobles, en y ajoutant un principe de pragmatisme qui voudrait que plus la structure du vin est massive, plus il importe de garder le vin en cave. Il devient alors délicat de généraliser par région.
La méthode du vigneron doit évidemment être prise en compte. Si beaucoup de bourgognes, par exemple, sont réputés pour leur équilibre et leur raffinement, des domaines tels Dugat-Py et Dominique Laurent se caractérisent par une puissante extraction qui charpente fortement les vins. Un grand amateur et ami de Bernard Dugat nous confiait récemment que, selon lui, il existait une fenêtre de dégustation au cours de l’année qui suit la mise en bouteille, du moins pour les cuvées villages, puis qu’il fallait oublier plus de 10 à 15 ans les bouteilles en cave.

L’apogée d’un vin dépend de sa qualité et des attentes du dégustateur

Un minimum de 5 à 7 ans semble donc être nécessaire à l’épanouissement de nos belles cuvées. Mais existe-t-il une date limite de dégustation ? Là encore, il est difficile de répondre de façon généralisée. Pour estimer le temps de garde d’un vin, il convient de considérer les spécificités du terroir, de la vinification, mais aussi du millésime.

Les années qualifiées de « grands millésimes » sont celles qui recèlent la plus grande aptitude de garde. À Bordeaux, 1982 est une année mythique pour les rouges qui se révèlent encore pleins de vitalité. Nous avons, par exemple, dégusté récemment Montrose 1982 qui illustre parfaitement la jeunesse de ces grands crus, tout en équilibre entre la fraîcheur des fruits rouges et des notes plus évoluées tels le tabac ou le cuir.
A contrario 2003, année marquée par la canicule, offrit de très beaux vins, mais dont le potentiel de garde semble plus limité. Plusieurs dégustations récentes, dont Pavillon Rouge ou Clos des Lambrays, abondent dans ce sens et confirment l’apogée actuel des grands crus de 2003. De même, beaucoup de vins de 2007 sont à boire au cours des prochaines années.

Il est d’autant plus difficile d’établir des vérités universelles que les prescriptions sur le temps de garde du vin doivent aussi prendre en compte les attentes du dégustateur. Certains privilégient le fruit et la fraîcheur quand d’autres préfèrent les arômes plus évolués.

Un Yquem presque centenaire ayant gardé sa fraîcheur

Mais il est un fait que peu contesteront : les très grands liquoreux dont le Château d’Yquem est l’emblème, semblent éternels ! Me revient alors en tête et en bouche un repas de fin 2015 au cours duquel mes papilles firent la merveilleuse rencontre d’Yquem 1916 qui affichait encore une belle jeunesse.

 

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Auteur : Aurélien Grevet

 

 

Image ©  Africa Studio Adobe Stock

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